À une certaine époque, les gens en France se fréquentaient beaucoup dans les bistrots. Pour les Français, cela restait de véritables lieux de discussion et de rencontre, autant qu’un repaire idéal pour boire et manger. Hélas, aujourd’hui, cette longue histoire d’amour semble être en train de se faner. En effet, d’après les statistiques, près de 6 000 cafés ferment leur porte chaque année. L’activité ne serait-elle plus rentable ? Qu’est-ce qui pourrait bien faire fuir les gérants ? Quoi qu’il en soit, les bistrots commencent vraiment à se raréfier dans tout l’Hexagone.

Faits et chiffres

Si les bistrots enchaînaient les succès dans les périodes d’avant-guerre, désormais, ils tombent en désuétude. Écartés et délaissés, ils semblent franchir, peu à peu, la ligne rouge de l’abandon.

Ainsi, si l’on s’en tient aux chiffres, un énorme fossé se démarque dans le temps. Dans les années 1910, plus de 500 000 cafés envahissent les rues de la France. Et pourtant, elle ne comptait que 42 millions d’habitants. En 50 ans, la roue tourne et les statistiques sont réduites à moitié avec 200 000 restaurants sur pieds.

De nos jours, on ne compte plus que quelques milliers de bistrots à travers tout le pays. Ce qui est largement insignifiant, comparé à 58 millions d’habitants. Selon les études, l’habitude a été dépassée par l’évolution des activités de loisirs (téléphones, jeux vidéos, etc.). Il est également indéniable que les campagnes de lutte contre l’alcool ont aussi amorcé le déclin des bistrots.

Une reprise ?

Même si la régression des Bistrots suit un tendance qui paraît inévitable, une remontada a été notée ces derniers temps. Les observateurs ont notamment signalé une certaine reprise récente de l’activité et depuis 2018, le nombre de cafés a augmenté de 20%. Dans le même temps, les débits de boissons commençaient à repartir à la hausse. Une tendance que n’auront surement pas favorisé les mesures anti-covid des dernières années.

Quoiqu’il en soit, les vieilles habitudes ont l’air de renaître, peu à peu, grâce à une certaine mise à jour des cadres et des propositions. Les gérants des cafés ont trouvé un moyen de capter l’attention de la clientèle. Basé sur la fusion d’activités, cette stratégie s’annonce plutôt efficace.

Les bistro-librairie : des nouveaux bistrots ?

Joignant l’amour de la lecture et le goût de l’échange dans un cadre protégé, les bistro-librairie cartonnent sur le marché. Parmi eux, on pourra citer l’exemple du bistrot « Le Kairn » situé à Arras-en-Lavedan, dans les Hautes-Pyrénées et en région Occitane. « Ici, toute la journée, on peut manger un bout, boire un coup et découvrir la librairie » affirme son slogan. Selon Karine, sa gérante, l’entreprise fonctionne à merveille. Elle constate même une nouvelle tendance en train de se dessiner. On lui souhaite, de notre côté, le meilleur succès !

Peu à peu, ces drôles d’endroits « fusion » que sont les bistro-librairie voient le jour et se multiplient. Autre exemple, À Auch, dans le Gers, un café se lasse d’offrir le couvert à tous les coups. Il décide alors d’implanter un petit coin de lecture au fond de l’établissement. D’après le gérant, l’affaire marche plutôt bien. On voit le début d’une renaissance d’un art de vivre qui a failli tomber dans l’oubli. Qu’il le fasse par le livre et la lecture, est une belle leçon culturelle.